critique-de-la-serie-aglama-anne-2

Leveler une émotion: Aglama Anne, adopter ou pleurer?

La série turque « Aglama Anne », autrement traduite « Mère, ne pleure pas », est une fenêtre dramatique qui nous ouvre vers le vaste champ de la maternité et des relations mère-fille. Ce récit d’orfraie enveloppe une poignée de thèmes conflictuels qui se croisent, parmi eux, la problématique de l’adoption, la complexité des relations mère-fille et les erreurs irréparables d’un passé sombre.

Une intrigue palpitante et complexe

La série évolue autour de l’histoire de Alev (Birce Akalay), une jeune femme ayant vécu une enfance douloureuse à cause de la séparation de ses parents et la déception de sentir que sa mère l’a abandonnée pour opter pour une nouvelle vie. Menant une vie instable et non filtrée en raison de cette blessure enfantine non cicatrisée, Alev trouve du réconfort-même momentané dans l’alcool et les fêtes. Une nuit, dans une tentative d’autodestruction, elle rencontre un homme avec lequel elle passe la nuit. Après cette nuit, elle découvre qu’elle est enceinte.

L’histoire prend une dimension tragicomique lorsque Alev décide d’abandonner son enfant à la naissance. Regrettablement, elle ne peut ignorer le lien inné qui la lie à son enfant et décide alors de récupérer son enfant qu’elle a abandonnée. La série nous amène à explorer ces rivalités maternelles, les erreurs répétées du passé et la complexité émotionnelle de l’adoption.

Le titanesque Birce Akalay porte la série

Le rôle central de la série est assumé par l’actrice turque Birce Akalay qui, avec une performance de grande classe, a réussi à incarner le personnage complexe et émotionnellement chargé de Alev. Dotée d’une présence imposante à l’écran, elle rend le personnage de Alev véritable et touchant. La performance des autres acteurs, notamment Cansel Elçin dans le rôle du docteur ali Osman et Özlem Yilmaz dans le rôle de Damla sont également à souligner.

Les limites d’Aglama Anne

Bien que la série brille dans son interprétation, elle souffre de quelques défauts, principalement l’absence d’un plot bien défini et une certaine redondance dans les incidents. On note également une dramatisation excessive de la vie privée des personnages qui peut parfois agacer. Par ailleurs, la série semble également manquer d’un traitement profond des personnages secondaires qui restent une énigme pour les spectateurs.

Un regard nécessaire mais incomplet sur l’adoption

« Aglama Anne » fournit un précieux aperçu des dilemmes moraux et éthiques qui entourent l’adoption en Turquie; cependant, la présentation de l’histoire peut parfois donner une image tendancieuse et simpliste du processus d’adoption. De plus, la série semble mettre l’accent sur la mère biologique tout en négligeant les comptes du côté adoptif. Une perspective plus équilibrée aurait pu offrir un récit plus nuancé et complet de la question.

En somme…

Malgré certains de ses défauts, « Aglama Anne » demeure un divertissement fascinant avec une performance exceptionnelle de Birce Akalay. L’exploration de questions sensibles comme l’abandon et la maternité apporte un vent frais à l’écran turc, bien que parfois un peu exagéré. « Aglama Anne » est une série qui en vaut la peine d’être regardée, non pour ses aspects tragiques, mais pour la lueur d’espoir qu’elle sème à la fin d’un tunnel sombre.