La Turquie arrête 115 suspects de l'EIIL qui, selon elle, prévoyaient des attaques pendant les vacances

Des raids à travers Istanbul ont permis de saisir des armes tandis que les autorités recherchent 22 suspects toujours en liberté.

Les forces de sécurité turques ont perturbé les attaques prévues lors des célébrations de Noël et du Nouvel An après avoir arrêté plus de 100 membres présumés de l'EIIL (ISIS) à Istanbul, ont indiqué des responsables.

Les autorités ont mené jeudi des perquisitions dans 124 sites, appréhendant 115 suspects recherchés, a indiqué le bureau du procureur général d'Istanbul dans un communiqué.

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L'opération a eu lieu après que la police a reçu des informations selon lesquelles des membres de l'EIIL « préparaient des attaques en Turquie contre des non-musulmans en particulier », pendant la période des vacances, ajoute le communiqué.

Les agents ont saisi des armes à feu, des munitions et ce que les autorités ont décrit comme des documents organisationnels lors des opérations de ratissage.

Les efforts se poursuivent pour localiser les 22 suspects restants.

Cette opération, coordonnée entre les services de renseignement, la police et les forces militaires, a permis d'identifier les individus impliqués dans le financement des activités du groupe et dans la diffusion de sa propagande.

Le bureau du procureur a déclaré que les personnes arrêtées étaient en contact avec des membres de l'EIIL en dehors de la Turquie, soulignant la nature transnationale de la menace.

Ces arrestations marquent la dernière phase des efforts de la Turquie contre ce groupe armé, que les autorités considèrent comme la deuxième menace « terroriste » la plus grave du pays.

La Turquie est devenue une cible principale des activités de l’EIIL, compte tenu de sa géographie et de sa démographie. Le pays partage une longue frontière avec la Syrie, où le groupe armé maintient une présence malgré la perte de ses emprises territoriales en 2019.

Le groupe s'est depuis développé en Asie centrale et compte de nouvelles filiales à travers l'Afrique.

Des milliers d'arrestations ces dernières années

Les autorités turques affirment que certains membres présumés de l'EIIL se sont installés dans le pays après l'effondrement du califat autoproclamé du groupe dans certaines parties de l'Irak et de la Syrie en 2019.

La Turquie a déclaré l'EIIL organisation terroriste en 2013. Entre cette date et 2023, les autorités ont arrêté plus de 19 000 personnes pour affiliations présumées avec le groupe, selon les chiffres de la présidence turque.

Plus de 7 600 ressortissants étrangers soupçonnés de participer à des activités de groupes armés étrangers ont également été expulsés au cours de cette période, précise le communiqué.

L'opération de jeudi fait suite à de nombreuses arrestations en mars, lorsque le ministre de l'Intérieur Ali Yerlikaya a annoncé que 298 membres présumés de l'EIIL avaient été arrêtés dans 47 provinces sur une période de deux semaines.

Ces arrestations surviennent cinq jours seulement après que les forces américaines ont lancé de vastes frappes contre les positions de l'EIIL en Syrie, touchant plus de 70 cibles.

Ces attaques ont été ordonnées en représailles à une embuscade au début du mois à Palmyre qui a tué deux soldats américains et un interprète.

Le nouveau gouvernement syrien, dirigé par le président Ahmed al-Sharaa, s'est engagé à travailler avec les partenaires américains et européens pour combattre les éléments restants de l'EIIL. Mercredi, Damas a annoncé avoir arrêté un des principaux responsables de l'EIIL dans le pays.