Le photographe Yasin Akgul affirme qu'il poursuivra son chemin « avec encore plus de reportages » après son acquittement.
Publié le 27 novembre 2025
Un tribunal turc a acquitté quatre journalistes accusés d'avoir participé à une manifestation prétendument illégale qu'ils couvraient à Istanbul au début de cette année.
Le jugement a été rendu jeudi matin après que le tribunal n'ait trouvé aucune preuve que les professionnels des médias – un photographe de l'agence de presse AFP et trois journalistes locaux – aient commis une quelconque infraction, selon l'AFP et les médias locaux.
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Les personnes innocentées sont Yasin Akgul de l'AFP, Ali Onur Tosun de la chaîne turque NOW Haber et les indépendants Bulent Kilic et Zeynep Kuray.
Le Hurriyet Daily News de Turquie a rapporté que trois autres journalistes avaient également été acquittés.
Les journalistes ont été arrêtés en mars dans le cadre d'un mouvement de protestation massif déclenché par l'arrestation du maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, critique du président Recep Tayyip Erdogan. Le gouvernement turc a rejeté les accusations d'ingérence politique, insistant sur le fait que le pouvoir judiciaire agit de manière indépendante.
Ils ont été accusés, ainsi que des milliers de manifestants, d'avoir violé la loi turque 2911 sur les réunions et les manifestations – une mesure que les groupes de défense des droits affirment être utilisée pour restreindre les rassemblements pacifiques.
Les partisans de la loi 2911 affirment qu'il est nécessaire que l'ordre public réglemente toutes les manifestations et rassemblements. Ils invoquent sa base légale pour disperser les rassemblements qui entravent la circulation du public ou violent les consignes de sécurité.
« Les journalistes doivent pouvoir travailler sans entrave »
L'AFP, qui avait demandé à plusieurs reprises l'acquittement d'Akgul, a salué la décision du tribunal.
« L'AFP se félicite de l'acquittement de Yasin Akgul et de ses collègues. Cette affaire contre des photographes faisant leur travail dans les rues d'Istanbul n'aurait jamais dû être intentée », a déclaré Phil Chetwynd, directeur de l'information mondiale de l'AFP.
« Les journalistes doivent être autorisés à couvrir les manifestations et les protestations sans entrave », a-t-il ajouté.
L'organisation de défense des droits des médias Reporters sans frontières (RSF) a également salué cette décision dans une affaire qu'elle a qualifiée d'« illégale ».
Akgul, de l'AFP, a déclaré que la décision était attendue même si elle est arrivée tardivement. « Maintenant que la tension psychologique du procès et ma difficulté à me concentrer ont disparu, je vais continuer mon chemin en faisant encore plus de reportages », a-t-il déclaré à l'AFP après le verdict. « La bonne décision a été prise. J'espère que les autres journalistes qui se trouvent encore à l'intérieur seront également libérés au plus vite. »
