La Turquie a condamné les attaques israéliennes en Syrie, les qualifiant de violation du droit international.
Publié le 29 juin 2026
Le gouvernement syrien a condamné les attaques israéliennes nocturnes dans le sud de la Syrie, alors que les habitants proches du plateau du Golan occupé ont été contraints de fuir leurs maisons.
Le ministère syrien des Affaires étrangères a fermement condamné lundi « les agressions israéliennes », les qualifiant de « violation flagrante de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Syrie ».
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La dernière attaque a eu lieu dimanche à Abdin, un village de la province occidentale de Deraa, où les habitants ont tenté de bloquer l'avancée d'une unité de l'armée israélienne.
Les forces israéliennes ont ensuite tiré des obus à proximité des habitations civiles, les familles fuyant vers les villages voisins pendant la nuit.
« Des obus sont (ensuite) tombés près des maisons », a déclaré à l'AFP Mahmoud Mouaffak, un notable du village.
Les forces israéliennes se sont retirées, permettant « un retour au calme et le retour des habitants lundi matin », a-t-il ajouté.
Un photographe de l'AFP a vu un habitant inspecter un obus non explosé à proximité de son domicile.
Attaques israéliennes croissantes
Israël a intensifié ses attaques et incursions dans le sud de la Syrie depuis la chute du gouvernement de Bachar al-Assad fin 2024.
Il a déplacé des troupes dans la zone tampon surveillée par les Nations Unies séparant les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, occupé par Israël depuis 1967, et plus profondément à l’intérieur du territoire syrien.
Israël a intensifié ses opérations militaires à Deraa et Quneitra ces dernières semaines. Le Centre syrien Sijil, qui surveille l'activité israélienne en Syrie, a enregistré près de 300 opérations ou violations par Israël à Deraa et Quneitra en juin, dont 107 incursions et raids.
Israël a affirmé dimanche avoir tué « plusieurs terroristes armés » la veille, sans donner de numéro, sans préciser le lieu ni aucune preuve.
Israël décrit régulièrement les Syriens qui résistent à son occupation comme des « terroristes ».
Pendant ce temps, les dirigeants israéliens se sont ouvertement vantés de leurs projets visant à maintenir et à étendre leur occupation militaire au-delà du plateau du Golan.
Jeudi la semaine dernière, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré qu’Israël avait l’intention de maintenir ses troupes dans le secteur qu’il occupe en Syrie « pour une durée indéterminée », comme il l’a fait au Liban et à Gaza.
Israël a capturé la majeure partie du plateau du Golan lors de la guerre de 1967 avec plusieurs États arabes, avant d'annexer illégalement le territoire en 1981. Cette décision a été rejetée par la majeure partie de la communauté internationale.
Les attaques israéliennes dans le sud de la Syrie sont considérées comme créant une instabilité dans le pays, qui se remet encore de 13 années de guerre. La Turquie, considérée comme proche du gouvernement syrien actuel, a condamné lundi les dernières attaques israéliennes.
« Nous condamnons fermement les attaques israéliennes contre Quneitra et Deraa, qui violent l'intégrité territoriale, l'unité et la souveraineté de la Syrie. Ces attaques, qui foulent aux pieds la vie et les biens du peuple syrien et rendent la vie des civils de la région de plus en plus difficile, constituent une violation flagrante du droit international », a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères.
« Nous réitérons notre appel à la communauté internationale pour qu'elle remplisse ses obligations et mette un terme à ces attaques », ajoute le texte.
